mardi 13 octobre 2015
dimanche 11 octobre 2015
le courrier des lecteurs à propos de l'Europe
Trois lettres ont été publiées par Time à propos de la crise des migrants. Elles reflètent bien la perplexité des personnes face à la migration massive actuelle :
lettre 1 : Je ne comprends pas comment le Time peut publier une histoire à briser le cœur au sujet de la situation critique des réfugiés sans se poser une question toute simple : Où sont les pays riches en pétrole du Moyen-Orient voisin ? Qu'ont-ils fait pour aider les réfugiés ?
I don't understand how Time can publish a heartbreaking story about the plight of the Syrian refugees without asking a simple question : Where are the neighboring oil-rich Middle Eastern countries ? What have they done to help the refugees ?
lettre 2 : Pourquoi devrait-on faire en sorte que l'Europe se sente coupable au sujet de la crise des réfugiés Syriens, comme si nous étions la cause de cette migration de masse ?
L'ONU devrait aller à la source du problème et nous sortir de ce marasme.
Les passeurs doivent se frotter les mains d'allégresse en voyant la générosité envers les réfugiés.
Why should Europe be made to feel guilty over the Syrian refugee crisis, as if we were the cause of this mass migration ? The U.N. should get to the root of the problem and solve this mess. The people smugglers must be rubbing their hands with glee over the generosity toward refugees.
lettre 3 (provenant d'Allemagne) : La crise des réfugiés pose un problème moral à l'Europe. D'un côté il y a clairement l'impératif de donner un abri aux gens qui en ont besoin. D'un autre côté l'aspect purement massif de l'afflux actuel condamnera toute tentative de véritable intégration. On est loin d'avoir assez de logements pour amorcer un commencement d'installation de ces migrants dans des quartiers diversifiés.
Je ne vois pas non plus un nombre suffisant des emplois qu'ils désirent pour accomplir leur projet de "vie meilleure".
Je m'attends à des problèmes sociaux graves dans les 5 à 10 ans à venir, quand la reconnaissance actuelle pour la sécurité aura débouché sur des espoirs déçus, de la frustation, et un nouveau désespoir.
The refugee crisis poses a moral dilemma for Europe. On the one hand there is the clear imperative to give shelter to people who are in need of it. On the other, the pure massiveness of the current influx will doom any attempt at meaningful integration.
There is by far not enough housing to give these migrants a start in diversified neighborhoods.
Nor do I see the necessary number of jobs they desire to achieve the "better life" they are looking for.
I expect serious social problems for our societies in five to ten years, when present gratitude for security gives way to shattered hopes, frustration and a new despair.
Mon commentaire de la lettre trois : la frustration pourra venir de deux côtés si des emplois sont donnés au détriment de chômeurs allemands d'origine. Mais c'est comme si rien n'était jamais anticipé en politique. Ramener la paix dans les pays en guerre s'avère salvateur aussi pour les pays dits en paix actuellement.
Une citation de l'abbé Pierre trouvée dans Jubilate Deo : Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres.
Une citation de l'abbé Pierre trouvée dans Jubilate Deo : Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres.
samedi 10 octobre 2015
De la difficulté d'avoir des repères chez les jeunes adultes et les ados
J'habite dans un quartier qui un temps n'était pas désagréable à vivre parce qu'on y était tranquille, c'était l'indifférence, mais cette indifférence de gens qui ne vous regardent pas, ne vous disent pas bonjour, maussades, si elle était glaciale, surtout pour quelqu'un qui a vécu de longues années dans un quartier populaire de Toulouse, avait le mérite de vous laisser l'esprit en paix, autrement dit un certain espace, personne ne vous agressant, on s'y sentait donc respirer. Aujourd'hui s'y trouvent des jeunes gens sans repère et en quête "d'avoirs", apparemment très rivés sur l'accumulation de biens matériels à roues, dès lors qu'ils acquièrent un de ces biens, cela leur donne la sensation d'être plus forts. Je pense que c'est un moyen des plus maladroits de chercher un peu de la respectabilité qu'ils n'ont pas trouvée. Cependant, impossible de moralement les aider car ils se font inabordables. Encore moins d'éprouver de l'empathie pour eux du simple fait qu'ils ne veulent surtout pas être aimables. J'ai constaté qu'ils s'en prennent plus volontiers pour leurs invectives verbales aux gens qu'ils pensent sans défense, personnes âgées et personnes, surtout, isolées ou du moins qui donnent les apparences de l'être. J'en ai déduit que ce manque de repères évident les conduit directement à l'amoralité, comme si "manque de repères" et "amoralité" étaient directement liés ; cette constatation est consternante pour ceux qui pensent que l'homme est foncièrement bon à la base. J'ai imaginé que la cause était que ces jeunes personnes s'étant fait recaler à l'école cela les a aigries. Si jeunes et déjà si aigris ! C'est apparemment possible. L'école pourrait produire ce genre d'effet négatif sur ceux qui l'ont mal vécue à mon sens, et pour cause pour certains d'entre eux, probablement. L'école conçue comme elle l'est encore opérant quand même du zappage plutôt aveugle à mon sens de certains individus. J'imagine un cocktail très nocif dont le premier ingrédient serait la cruauté du système scolaire à leur encontre, et l'autre, la cruauté en corolaire de parents qui, du coup, se détourneraient de leurs enfants parce qu'ils ne sont pas assez bons, voire même, pas bons du tout à l'école ? La chose est probable selon moi. Ce serait une explication tout à fait plausible. Où trouver des repères alors ? Dans les médias ? Pour l'instant les médias sèment plutôt encore plus de confusion. Dernièrement par exemple, j'ai appris par mon compagnon que Charlie Hebdo avait fait une couverture où l'on se moque des personnes atteintes de trisomie... message envoyé très clairement selon moi : "tapez sur les personnes vulnérables, allez-y, nous vous y encourageons." Hier soir nous nous branchons sur Arte à l'heure de madame Kain qui déploie justement la couverture du journal en question et demande à un employé de Libé de commenter le dessin ; le journaliste dit en substance que les gens qui critiquent Charlie Hebdo "pour cela" n'ont rien compris à Charlie Hebdo. Mon compagnon de commenter "Mais si, ils ont compris que c'est un torche cul." Je suis d'accord avec lui car envoyer ce genre de message aux gens sans repère est des plus consternant en effet. Il me demande de zapper car c'est moi qui ai la télécommande en main, je m'exécute sans problème, et merci à toi pour cette attitude qui m'envoie un peu de fraîcheur bienvenue. Voilà en gros pour les médias et les repères. Je lis en ce moment un livre de Bachelard qui s'intitule "Poétique de l'espace." Un auteur qui avait foi en la science, était un scientifique lui-même tout en possédant une morale... tout un beau programme alors ! De plus, il avait la foi tout court, ce qui n'est pas plus mal finalement, quand on voit l'état de ceux qui ne l'ont pas.
jeudi 8 octobre 2015
De la vérité d'un état d'esprit en poésie
En poésie l'état d'esprit de l'auteur d'un texte passe par un filtre, en laissant libre cours à diverses lectures ou interprétations bien souvent, si les eaux sont troubles.
Je suis l'auteure d'un conte que j'ai mis en ligne très récemment sur ce blog et je me rends compte que parfois j'ai été dépassée, heureusement, par ce qui s'y passe, ne m'attendant pas en le commençant à ce qu'il prenne cette tournure. Parce que s'engageait un dialogue avec moi-même et aussi avec l'actualité pour donner sens à l'histoire, en même temps l'histoire elle-même du conte, c'est-à-dire les événements qui s'y produisent "surgissait" la plupart du temps à partir d'une image qui se présentait "toute seule" pratiquement, de façon la plus sommaire qui soit, nourrissant ce dialogue intérieur et établissant la connexion avec l'extérieur.
Donc je n'avais pas de représentation précise au départ. Contrairement à la pensée de Shopenhauer je ne pense pas que j'étais manipulée ni ne manipulais, du fait de cette réflexion sur le monde par ce processus. C'est une méditation en somme.
J'étais partie pour ne pas attacher beaucoup d'importance au corbeau mais plutôt le remettre en question tout en lui laissant son propre espace. J'étais à son écoute, à l'écoute du personnage. Il avait pas mal de choses à dire. Il s'agit en fait de secouer un peu les choses pour voir, ou plutôt écouter ce qui va en sortir. Le corbeau dans son pathos et à cause de la douleur qu'il représentait ne m'a pas donné envie de faire de l'ironie sur lui. Il représentait pourtant clairement des politiciens, des journalistes. Une gent pas souvent aimable, que je trouve la plupart du temps très suiviste, hyper conformiste, trop souvent navrante. Mais dans ce conte, le corbeau souffre, éprouve une vraie peine et je respecte le personnage.
Toute ma sympathie va d'une façon plus évidente et naturelle à Zébra parce qu'elle est nue dans ce monde. Beaucoup de prédateurs la guettent, notamment scientifiques, les super dominants de ce monde. Pour elle "pour vivre heureux, vivons cachés", je lui ai naturellement donné un super compagnon de route, Philosophe nul mais vrai, bourré de sincérité à réchauffer le cœur de Zébra.
Enfin, Lulu. Le chat aux apparences qui plaisent, mais dessous se cache une condition difficile, celle de l'être qui souffre de pulsions irrépressibles. Le chat est plus pathétique que le corbeau qui lui, étonnamment le devient de façon sympathique dans ce conte, parce qu'il n'est pas n'importe quel corbeau non plus. Lulu par contre n'est pas éveillé du tout, il se trouve tout juste au début d'une quête de l'autre mais bien maladroite du fait qu'il soit habité de pulsions irrépressibles.
La fin du conte m'a surprise sur le coup (quelle drôle d'idée j'ai là me suis-je dit) mais après coup je l'ai trouvée logique et libératrice pour Phil et la souris. Zébra ne fait pas d'excès de zèle, elle abandonne le zèle en même temps que Lulu. Mais, consolation, il n'en souffrira pas outre mesure, son expérience avec Phil n'ayant pas été concluante.
Les contes, toujours à prétention philosophique finalement, recèlent parfois, quand c'est réussi, une forme de poésie. Poésie qui, comme je le disais plus haut, selon moi a des filtres (et surtout pas "philtres") pour aborder la réalité de choses perçues autour de soi et que l'on a envie de démêler mais qu'il est difficile d'analyser ; cette poésie-là, c'est une mise à l'écoute en douceur de ces choses, à la base, nébuleuses. Passer par la voie directe d'une chronique, de ma part c'est plus difficile parce que je n'en ai pas les compétences pour certains sujets et que ça peut manquer de spiritualité après coup si l'analyse n'est pas bonne. Pour ma part, je vois surtout en ce monde, de vastes zones d'eaux troubles, où se jouent beaucoup de comédies dans le but de satisfaire des appétits aveugles, tout cela par manque de profondeur, parce que certains instincts dominent trop aux dépens de choses plus essentielles.
mercredi 7 octobre 2015
The way a crow
The way a crow
shook down on me
the dust of snow
from a hemlock tree
has given my heart
a change of mood
and saved some part
of a day I had rued
Ma traduction du poème de Robert Frost :
La façon dont une corneille
a fait s'écrouler sur moi
la poussière de neige
d'un arbre ciguë*
a apporté en mon cœur
un changement d'humeur
et sauvé une part
d'un jour que j'avais maudit.
* a hemlock tree mot à mot : arbre ciguë, appellation anglaise qui désigne un conifère du Canada que l'on nomme Pruche (féminin) en français (source Wikipédia)
mardi 6 octobre 2015
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