lundi 15 février 2016

Un multiculturalisme musclé à l'époque constate Zeb... un peu comme au Tibet

Eh bien non, le multiculturalisme ne se passa pas toujours bien, en sont témoins entre autres les Amérindiens, pas tous remis de ce phénomène, mais bon....  il faut espérer que le multi culturalisme d'aujourd'hui prendra une tournure moins vénale.

dimanche 14 février 2016

Ils se sont retrouvés sur le terrain de l'invisibilité, réconciliés ♣ l'étrange besoin d'abattre






 Tandis qu'avant le départ de la caravane Andrew Boston présente à Lucky Luke les différents membres éminents qui la composent, Zébra et Phil tirent des déductions à propos de l'endroit où ils se trouvent, Phil suppute qu'ils ont même changé d'époque mais ne veut cependant pas y croire.

Quant au fait qu'ils se seraient incidemment insérés dans le cours d'une BD de Morris et Goscinny, ils n'osent y penser car cela reviendrait à conclure qu'ils n'ont pas réussi à semer leur dessinatrice, (qui a malgré tout beaucoup de mal à les dessiner en vertu de leurs nouveaux pouvoirs) laquelle les aurait voués à ce destin peu commun et pour se prouver quoi ? Je vous le demande !


♣♣♣ L'étrange besoin d'abattre :


Sans voix, ici : http://sans-voixinfos.hautetfort.com/archive/2016/02/14/si-l-assemblee-du-26-fevrier-le-decide-la-ministre-de-la-gri-5759700.html


L'image dont parle Gaston Bachelard, et la métaphore

L'image dont parle Gaston Bachelard est celle qui surgit de la parole issue de la rêverie.... d'un songe de poète. Mais Bachelard n'aime pas la métaphore qui selon ses propres mots est une fausse image, faute de trouver l'expression pour développer sa pensée en profondeur. Et avec Bergson qui utilise la métaphore des tiroirs, il démontre que si cette métaphore enclenche une pensée, celle-ci ne peut être que rudimentaire et par là débouche sur une réponse  mécanique à quelque chose qui pose problème et n'a donc pas été résolu tant qu'on en reste à la trop succinte métaphore.

Je suppute chez Gaston Bachelard un esprit rationnel. C'est un scientifique et je pense que "l'attaque" de Bergson concernant un certain rationalisme "sec" ne lui convient pas trop, il apprécie encore moins ceux qui simplifient la pensée de Bergson... mais Bachelard n'a pas creusé le sujet, cela l'aurait trop éloigné de celui de son livre qui est la rêverie et les images en paroles qui en découlent ou la phénoménologie de ces images.

Pourquoi Bachelard tenait-il tant à sa solitude, qu'il associe au repos ?

Son métier de professeur peut être un élément de réponse.

La rêverie comme l'entend Bachelard est un ressourcement dans l'émerveillement et une respiration mentale profonde. Il en parle si bien que cela me repose moi-même.

Mais dans sa solitude, il adresse une sorte d'offrande à saint Robinson, il pense à lui avec émotion ... comme s'il voulait réconforter un enfant. C'est donc que cette solitude à aussi son côté âpre et un aspect peut-être incontournable. Et là, je pense à la fille de Gaston Bachelard, dont la maman est morte quand elle était enfant. Bachelard, en jeune veuf,  n'avait pas eu d'autre choix que d'apprivoiser en premier lieu la solitude.
 Car élever sa fille en père célibataire a dû produire un effet de solitude chez sa fille autant que chez lui, solitude qu'il aura en effet d'abord fallu apprivoiser avant d'en tirer la substantifique moelle. Cela  l'a  conduit à s'intéresser à la psychologie, il rend d'ailleurs hommage à une certaine Françoise, psychologue émérite selon lui, qui interprétait à ses yeux de façon juste et avec une belle intuition les dessins de maison faits par les enfants.

Je trouve le livre Poétique de l'espace toujours aussi passionnant.

  

samedi 13 février 2016

Une belle confidence de Gaston Bachelard, une autre de Rilke ♣ La part de L'Ange : émission intégrale


"Pour être actif dans la journée je me redis : "Chaque matin donne une pensée à saint Robinson."

Et, parlant des travaux ménagers il dit ensuite :

"Quand un songeur reconstruit le monde à partir d'un objet qu'il enchante de ses soins, on se convainc que tout est germe dans la vie d'un poète."
 
Après cette réflexion Gaston Bachelard cite une lettre de Rilke adressée à son amie musicienne  où le poète  lui fait la confidence d'une "vieille passion" qui est d'épousseter.

Premiers mots de la lettre :

"J'étais donc magnifiquement seul... quand je fus repris à l'improviste par cette vieille passion. Il faut que tu le saches : ce fut sans doute la plus grande passion de mon enfance et aussi mon premier contact avec la musique ; car notre piano tombait sous ma juridiction d'épousseteur, étant un des rares objets qui se prêtaient de bon gré à cette opération et ne manifestait point d'ennui. Sous le zèle du torchon, au contraire, il se mettait soudain à ronronner métalliquement... et son beau noir profond se faisait de plus en plus beau."


La poétique de l'espace, page75 et suivante

♣♣♣ La part de l'Ange, émission intégrale. Je viens de l'écouter : où il est question à un moment donné de la croissance à-tout-va, du négoce de l'art contemporain, des pères de l'église : saint Augustin et Tertullien, tous deux Berbères, l'un d'origine algérienne, l'autre tunisienne, où il est question aussi de mélancolie douce et de mélancolie furieuse, du monde paysan qui compte de nombreux suicides. C'est ici : http://www.canalacademie.com/ida11049-La-Part-de-l-Ange-le-requisitoire-de-Jean-Clair.html 

Merci pour ce moment télé ♣ Le poème ce jour

Je regarde rarement la télé vers 14 heures quand je suis en forme,  mon état grippal (certainement dû au fait qu'il y a quelques jours j'aie attrapé un coup de froid à Dunkerque où, en plus de moi, de nombreux courants d'air "s'étaient conviés")  cet état a fait que hier  j'ai eu l'opportunité de visionner l'émission à laquelle Mathieu Ricard avait été invité, avec sa sœur et un psychiatre.
C'était sur la deux. Mathieu Ricard a parlé de son bonheur à résider au Tibet dans son monastère. Il a parlé de sa famille : sa mère s'est faite none bouddhiste peu de temps après que son fils se soit dirigé vers cette voie, son père philosophe a été déçu quand son fils lui a annoncé qu'il abandonnait une carrière de brillant scientifique pour s'orienter vers un tout autre genre de vie mais n'a pas fait de drame,  sa sœur orthophoniste de formation a attrapé la maladie de Parkinson. Elle a dit à ce sujet des choses simples et sensées que pourtant l'on entend rarement. Elle a fait observer que pour certaines maladies ou certains handicaps des personnes déclaraient être la maladie ou ce handicap, ou d'autres déclaraient à la place de ceux qui en sont atteints qu'ils étaient cette maladie ou ce handicap. Absurde !  comme si quelqu'un qui avait le cancer disait "Je suis tel cancer", se définissait par rapport à ce cancer. J'ai pensé que dans le cas de l'autisme ou encore du bossu pour prendre des exemples au hasard, c'est ce qui se passait, on ne dit pas bien souvent qu'une personne a de l'autisme mais qu'elle est cette maladie ou ce handicap ; idem pour le bossu "il est bossu"....    Or l'être profond est bel et bien là, inchangé : on n'est pas une maladie ou une bosse. Attitude plus que réductrice, comme un coup de grâce administré à la personne éprouvée pour peu qu'elle n'ait pas la force d'envoyer balader les écervelés.

Une question de simple bon sens dont nous manquons si souvent !

Ah ! les courants d'air de Dunkerque ! Bien leur en a pris de me tarabiscoter, sans eux je n'aurais pas entendu ces personnes. Le psychiatre ami de Mathieu Ricard pratique la méditation chaque matin et bien lui en a pris à lui également car le courant est passé.

♣ Poésie avec un poème d'Alessandro Ceni :

Là où librement au vent
se répand la graine du cyprès sauvage, là où le ciel
se disperse jusqu’à la neige
et où l’ange se détache et meurt,
reste accroché à une baie de roncier et
fourre son museau mort, déjà noir et raide
dans le feuillage humide et vert de la terre,
là apparaît mon enfance,
d’abord comme portée par une barque, par le dos d’un poisson
qui gagnerait très vite la haute mer, puis
imitant le passage de la grive et du héron :
et voici que sur la branche du pommier le vent
dépose des visages dévorés par les étoiles
et que s’y arrêtent, renouvelés, des fantasmes d’oiseaux,
qui ne chantent ni ne mirent, ni pitié n’éprouvent pour mes souvenirs :
depuis la fenêtre, on aperçoit un glacier sidéral
incrusté au point de disparition de la lumière,
il allait aux côtés de ses frères, parmi les immortels,
derrière l’angle de la maison
d’où quelqu’un t’appelait,
penché sur le vide,
brandissant une lampe éteinte.



http://diereseetlesdeux-siciles.hautetfort.com/archive/2014/11/14/alessandro-ceni.html

vendredi 12 février 2016

Le cœur et l'esprit


"Le rôle de l'écrivain, le seul qu'on pourrait lui assigner, ce serait de concevoir des livres qui fassent refluer le cœur dans l'esprit, des livres qui transgressent cette indifférence des vies en nous, une insurrection d'âme, une coulée de feu dans les eaux de l'esprit. Parfois on trouve ça sur une page - et c'est une merveille. Parfois on trouve ça sur un live entier - et c'est un miracle."

Thierry Renard s'entretient avec Christian Bobin :

http://diereseetlesdeux-siciles.hautetfort.com/archive/2014/11/16/thierry-renard-s-entretient-avec-christian-bobin-5490848.html

jeudi 11 février 2016

Après le génie du dessin avec Morris hier, je me frotte aujourd'hui au mathématicien Bachelard ♣ L'alchimie créée par des présences bénéfiques, et qui impacterait les lieux

Bachelard grand mathématicien.... mais que je peux rejoindre en poésie, où il est très fort également en tant que "lecteur-créateur" car de ses lectures il tire des choses merveilleuses.

Extrait de La poétique de l'espace, page 67 :

"Quand deux images singulières, œuvres de deux poètes qui mènent séparément leur rêverie, viennent à se rencontrer, il semble qu'elles se renforcent l'une l'autre. Cette convergence de deux images exceptionnelles donne, en quelque manière, un recoupement pour  l'enquête phénoménologique. L'image perd sa gratuité. Le libre jeu de l'imagination n'est plus une anarchie. De l'image de La maison d'haleine de William Goyen, rapprochons donc une image que nous avons déjà citée dans notre livre : La terre et les rêveries du repos (P.96), image que nous n'avions pas su apparenter.

Pierre Seghers* écrit :

Une maison où je vais seul en appelant
Un nom que le silence et les murs me renvoient
Une étrange maison qui se tient dans ma voix
Et qu'habite le vent.

Je l'invente, mes mains dessinent un nuage
Un bateau de grand ciel au-dessus des forêts
Une brume qui se dissipe et disparaît
Comme au jeu des images.

Pour mieux bâtir cette maison dans la brume, dans le souffle, il faudrait, dit le poète :

... Une voix plus forte de l'encens
Bleu du cœur et des mots.

Comme la maison d'haleine, la maison du souffle et de la voix est une valeur qui tremble à la limite du réel et de l'irréalité. Sans doute un esprit réaliste restera bien en deçà de cette région des tremblements. Mais celui qui lit les poèmes dans la joie d'imaginer marquera d'une pierre blanche le jour où il peut entendre sur deux registres les échos de la maison perdue."

* Pierre Seghers, Le domaine public, p.70
à l'occasion de cette note référentielle de l'œuvre de Pierre Seghers, Gaston Bachelard ajoute :
"Nous poussons plus loin la citation que nous donnions en 1948, car notre imagination de lecteur est encouragée par les rêveries que nous avons reçues du livre de William Goyen."

♣♣♣
L'alchimie, c'est ici, avec un extrait de L'ange de Sauze, de Kowka :

"Je n'oublierai jamais ce dimanche 29 septembre à Sauze aux environs de dix heures. Le cadre majestueux, mystérieux et la rencontre de cet ange. Tout venait de m'arriver en même temps, le choc esthétique du paysage, celui de mes rêves les plus secrets, le calme de l'eau seulement troublé de temps à autre par un gardon plus hardi que les autres qui sautait hors de l’eau, s’essayant ainsi un court instant à la vie aérienne. L'air charriait les parfums d'eau froide caractéristiques de la rivière, à peine atténués par les senteurs chaudes des herbes aromatiques. Cette jeune fille assise sur son rocher, comme si elle m'attendait, comme si elle m'attendait…C'est la première chose qu'elle me dit : Je t'attendais. C'était fou, je savais qu'elle allait dire ça, c'était exactement ce que je comptais lui dire moi-même si elle ne m'avait devancé.
A partir de cet instant, tout fut fusionnel. Toujours ensemble. Pensant aux mêmes choses au même moment et partageant sans cesse les mêmes pensées. Nous tombions en admiration au même moment devant la même fleur, le même papillon, le même enfant que nous croisions. Nous nous volions les mots l'un à l'autre, et nous étions émerveillés de cette symbiose de pensées partagées.
Cette idylle dura quatorze mois et encore aujourd'hui, quarante ans plus tard, elle hante toujours mes pensées. Je me souviens avec une intensité inexpliquée des merveilleux moments passés l'un à côté de l'autre. Je me souviens de tous les endroits où ensemble nous avons été. Je suis absolument certain que tous ces endroits ont gardé un souvenir de nous comme moi j'ai gardé un souvenir d'eux. Tous les endroits où nos mains se sont posées ont été par une alchimie subtile changés à notre contact, ils en sont devenus meilleurs et plus beaux."