lundi 4 avril 2016

Mode de lecture


“Nous ne lisons pas la Bible comme elle prétend être lue”, estime le poète et essayiste Michael Edwards dans son dernier ouvrage (Bible et poésie, Editions de Fallois). Pour ce professeur honoraire au Collège de France, il convient en effet de retrouver la dimension poétique des textes bibliques, non pour les dépouiller de leur dimension sacrée mais justement pour la retrouver. “La poésie, estime-t-il, s’offre en tant que moyen le plus approprié de parler de Dieu et de tout ce qui le concerne” car “nous n’avons pas affaire à un système d’idées religieuses mais à une Personne” . Si bien que “la Bible ne fait pas appel à notre intelligence seule, mais, comme toute poésie, à tout ce que nous sommes” et “nous invite, plus précisément, à ne pas nous limiter au seul raisonnement, mais à nous aventurer, dans la plénitude de notre nature, connue et inconnue, dans la plénitude d’une révélation”.

Émission intégrale, ici :  http://www.canalacademie.com/ida11078-Bible-et-poesie.html

Note sur la musique


Pourquoi je peux écouter des musiques aussi différentes que du jazz, du classique, du rock ? Parce que la musique  je la réceptionne selon l'état dans lequel je me trouve. Avec le Miserere d'Allégri retranscrit par Mozart par exemple, il est passé par chez moi à l'instant précis où je me trouvais en condition de le recevoir cinq sur cinq :  je devais veiller et j'avais énormément sommeil, cela avait fini par produire une fatigue douloureuse pour le psychisme, une sorte de grande tristesse d'épuisement :  ces voix du Miserere me parvenant soudainement à ce moment-là, arrivèrent comme en communion avec cette souffrance. Ce chœur d'où se détache souvent la voix qui monte très haut, avec une sorte de plainte et de cri chanté m'aida  à transcender la douleur ;  On dit aussi : effet  catharsis,  en grec « κάθαρσις », signifierait séparation du bon d'avec le mauvais, mais la catharsis de ce moment, c'était du dépassement, un soulagement, sans rapport à l'égard de passions, mais à l'égard d'un état physiquo-psychique.

 Pour Sam qui aime les voix de basse, cette voix de femme qui domine souvent, n'a pas dû agir de la même façon magique sur lui. À l'époque j'avais réussi à enregistrer le Miserere sur un vieux magnéto grinçant qui se trouvait toujours à portée de main dans la chambre dès que la radio fonctionnait. Je l'ai réécouté plusieurs fois, à volume moindre... 

 Sam aurait plus volontiers écouté à ce moment-là je pense du violoncelle, de la contre basse ou encore des voix de bouddhistes en prières, qui descendent tout au fond de la cave.  

Je vais le réécouter maintenant avec le même recueillement en solidarité pour toutes les victimes des attentats, ceux de Paris, de Bruxelles, et d'ailleurs. Si le cœur vous en dit, c'est ici :

https://www.youtube.com/watch?v=fcWo1hKHu40



dimanche 3 avril 2016

samedi 2 avril 2016

Miserere mei Deus


Une nuit que j'étais allongée pas loin de Samuel s'endormant avec difficulté comme souvent, je passais de la musique pour nous aider, car à cette époque Samuel était très demandeur de musique. Pour ne plus à avoir à m'occuper des CD, je laissai défiler doucement la musique sur une radio classique... c'est là que j'entendis pour la première fois le Miserere Mei Deus de Mozart,  l'émotion me submergea.

Tout à l'heure, j'allume la radio branchée sur une onde Belge ne diffusant que de la musique classique occidentale et parfois du jazz et du classique d'autres continents... quand j'entends ce Miserere Mei Deus.

En Belgique, c'est l'affliction en raison de la tuerie du métro et de l'aéroport et cette musique d'un coup était comme une réponse à la note  que j'avais postée sur ce blog une heure plus tôt.... où je me posais la question du "peut-on se sentir être pleinement quand on se trouve dans l'affliction." Avec cette musique se transcrivait la montée au ciel d'êtres affligés. Encore une fois je fis l'expérience de la montée... en les écoutant.

C'est ici :  https://www.youtube.com/watch?v=fcWo1hKHu40

La question du "Qui es-tu ?"


La question du "qui es-tu ?" Les gens y répondent par leur nom, leur  nom d'appartenance à un pays, et leur métier s'ils en ont un.  Je prends un exemple :

 — Qui es-tu ?

— Je m'appelle Gustave Flaubert, je suis boulanger. 

— Es-tu français ?

— Oui 

Voilà par exemple comment on se définit en général, quoique maintenant, avec la régionalisation très prononcée, on peut aussi entendre le nom d'une région comme faisant office quasiment de pays : "Je suis des Hauts de France". Cela semble important pour les gens. Pour se sentir bien dit-on il faut avoir des racines, et l'on s'enracine par son habitat, le nom porté et le métier exercé.

Celui qui vient au monde sans nom, sans pays, et qui plus tard n'aura peut-être pas de formation aboutissant à un métier deviendra-t-il obligatoirement fou ?

Même s'il est certain que, "mal né", la route est plus difficile.

La chose du dénuement identitaire peut arriver à un amnésique... le but de l'identité à retrouver coûte que coûte est celui au final, d'avoir des ailes ou de se sentir bien.  N'est-ce pas ?

Toutefois, l'amnésique ne retrouvant pas la mémoire et n'ayant pas de proches,  comment peut-on faire pour qu'il parvienne à cet état recherché, celui qui compte vraiment : se sentir être. Exister.

Pour exister pleinement ne faut-il pas être bien dans sa peau ? peut-on exister pleinement dans l'affliction ?

Par ailleurs, ceux qui tuent, ces temps-ci, avant d'avoir d'éventuels problèmes d'identité n'ont-ils pas, au-delà de cela, et malgré la connaissance de leur identité,  des problèmes pour être, se sentir être ? Des problèmes d'acceptation d'une histoire peut-être, plus que celui d'asseoir une identité, qui est connue et même qu'ils choisissent d'une certaine façon.

 — Comment te sens-tu ? 

N'est-ce pas là la question primordiale, passant avant les précisions un peu futiles, au regard de la question d'être,  d'appartenance à tel corps de métier ou autre appartenance, d'acquisition de tel ou tel statut ou encore religieux.

Se soucier de savoir avant tout comment les gens se sentent, s'ils se sentent tout simplement bien dans leur peau, avant de leur faire décliner une identité sociale, cela ne leur enverrait-il pas ce coup de chaleur humaine dont ils ont  besoin, comme tout un chacun ?

Cette question "Comment te sens-tu ?" est bien plus altruiste que la froide question "Qui es-tu ?", non ?

À moins que d'y répondre comme dans la chanson que chante Françoise Hardy :

— Je suis moi, j'entends, je sens et je vois. J'ai le ciel au bout des doigts etc.

Mais une personne en Amérique qui fut une intellectuelle reconnue et dont le nom m'échappe en ce moment, eut à faire observer qu'elle était elle, sans voir et sans entendre.... ce qui est fort de café. La question d'être est complexe. Celle des déclinaisons d'identité, à savoir si on ne se prendrait pas pour quelqu'un d'autre est moins intéressante à mes yeux et surtout, plus froide.
 

 

Breathe in my life ♣♣♣ Le poème en question






Breathe in my life : je visualise sans le faire exprès en dessinant, Samuel donnant à manger aux canards.

Dessin  d'après une photo vue dans Vocable d'un jeune indien donnant à manger à des canards, en fait j'ai dessiné quelqu'un qui ressemble plus au Sam que je connais. 

  Sous la photo le journaliste signale que donner à manger aux canards n'est pas une chose à faire, cela stresserait ces animaux entre autre. Sauf que le jeune indien et les oiseaux sont  en empathie sur cette photo,  démentant les propos du journaliste en ce qui concerne le stress des canards.

Faut-il se retenir de tout dans la vie ?

Abstenez-vous de dessiner, pas la peine, il y a de tellement meilleurs dessinateurs. Sauf que ce n'est pas une question de "peine" mais de méditation.

 Arrêtez de chanter dans votre salle de bain et mettez la radio où vous entendrez de tellement meilleurs chanteurs... et dans l'envolée,  ne vous laissez pas aller à approcher les canards, ils se passent tellement bien de vous.

Mais revenons au dessin : du jeune indien à Samuel, une belle connexion entre celui de la photo et Sam, ou une belle incidence si vous préférez.

♣♣♣

Le poème mis en ligne hier recèle tellement de gravité qu'il en a pris une tournure presque comique au moment où je l'ai traduit. En fait il est magnifique de sagesse. En voici ma traduction, fidèle je pense à l'esprit du poète, toutefois, si cette traduction ne vous convient pas, vous avez le texte original dessous.



Non, non, il n'y a guère de retour en arrière possible.
De moins en moins tu es 
ce potentiel que tu incarnais.
Peu à peu tu es devenu 
ces vies et morts
qui t'ont appartenu.
Tu es devenu une sorte de tombe
recelant beaucoup de ce qui était
et n'est plus, bien aimé
ensuite, maintenant, et toujours.
et tu es devenu une sorte d'arbre
se tenant au-dessus d'une tombe.
Maintenant plus que jamais tu peux être
généreux à l'endroit de chaque jour
qui vient, jeune, pour disparaître
à jamais, et rester encore
frais à l'esprit.  
Chaque jour tu as moins de raisons
de ne pas te dévouer.

No, no, there is no going back.
Less and less you are
that possibility you were.
More and more you have become
those lives and deaths
that have belonged to you.
You have become a sort of grave
containing much that was
and is no more in time, beloved
then, now, and always.
And you have become a sort of tree
standing over a grave.
Now more than ever you can be
generous toward each day
that comes, young, to disappear
forever, and yet remain
unaging in the mind.
Every day you have less reason
not to give yourself away.

Wendell Berry

Ce poème chante comme une chanson, c'est pourquoi il faut le dire en plus de le lire.  

vendredi 1 avril 2016

Breathe in my llife ♣♣ La chanson du jour

 Beaucoup d'anglophones viennent lire ce blog, je le sens, et ça m'arrange d'autant plus que je n'ai pas le temps de traduire,(vendredi, jour des courses, du grand ménage du haut). Les autres, si le cœur leur en dit traduiront ce poème via le web, moi-même irai y vérifier quelques trucs. J'espère que  le cœur leur en dira et qu'ils cliqueront sur le lien du blog qui se trouve sous le poème... blog qui donne à se réjouir sur les bons côtés de la nature humaine.

Sabbaths - 1993, I
No, no, there is no going back.
Less and less you are
that possibility you were.
More and more you have become
those lives and deaths
that have belonged to you.
You have become a sort of grave
containing much that was
and is no more in time, beloved
then, now, and always.
And you have become a sort of tree
standing over a grave.
Now more than ever you can be
generous toward each day
that comes, young, to disappear
forever, and yet remain
unaging in the mind.
Every day you have less reason
not to give yourself away.

http://www.onbeing.org/blog/parker-palmer-breathe-in-my-life-breathe-out-my-gratitude/7799

♣♣♣

Hier j'ai mis du Léonard Cohen, J'aime sa voix, je ne pense pas être la seule : voix profonde qui touche profondément. Ainsi que les mélodies des chansons.
Par contre  certaines paroles de certaines chansons laissent à mon sens  planer le doute quant à une éventuelle vengeance...    fidèle au précepte appris au catéchisme dès cinq ans : la non violence, ces paroles ambigües me laissent mal à l'aise.

 Du coup, pour ce jour,  une artiste juive aussi, avec une voix magnifique également, et qui donne une  réponse dans ses textes de chansons qui me va complètement, notamment avec "Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous."

Est-il vrai Barbara que tu te sois suicidée ? Cela laisse à penser que nous n'avons pas été à la hauteur de ta générosité.

Barbara, Ma plus belle histoire d'amour, c'est ici : https://www.youtube.com/watch?v=h1ET9la1JuM