mercredi 3 février 2016

Trois dessins de Zebra dans la caravane de Morris et Goscinny ♣ Mathias et la Révolution ♣ Évitons un nouveau Tchernobyl : pétition

Mathias et la Révolution, de Leslie Kaplan. Une des Critiques du livre dont le texte a fait l'objet d'une pièce de théâtre  :

" Des digressions

A chaque carrefour, sur les ponts, dans les squares, la Révolution est présente. Parfois jeune et enthousiasmante, parfois horrible, dévorant ses enfants. Des digressions la rappellent, et les belles phrases remplies d’énergie, les doléances des cahiers, l’abolition de l’esclavage, son rétablissement, la Terreur, les guerres. A travers les conversations de bus, de bistrot, de banc public, les lieux communs sont constamment mis en rapport avec l’Histoire, dans une dialectique légère.
Le mot clé, c’est le mouvement: tout bouge, tout peut toujours bouger, les sentiments, les engagements, les situations, les corps. Tout est affaire de désir. Rien n’est acquis, et surtout pas ce qu’on croit être le progrès. L’enchaînement des rencontres, le choc des sensibilités, le ballet des mots, la rapidité des dialogues: c’est le mouvement encore qui permet d’échapper à ce que cette cohorte pourrait avoir d’artificiel, de didactique, et lui imprime un élan d’enthousiasme sans angélisme. A la fin, «le travail commence». Pour Célestine qui accouche, et pour tout le monde.

Isabelle Rüf, Le Temps, 18 janvier 2016" Ici :
http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=9782818037225

Évitons un nouveau Tchernobyl, la pétition : https://secure.avaaz.org/fr/belgian_nuclear_shutdown_fr_france_2/?pv=95&rc=fb

mardi 2 février 2016

Dessins du jour grossis ♦ Lu ce jour ♣ Le Tigret



Expressif le cheval de Morris !

En voulant prendre une photo de Yoko, en train de s'en aller, l'appareil s'est relevé vers moi, qui me tenait penchée. Je me suis fait un drôle de pif, mais bon. Je n'avais pas l'intention de faire une caricature et d'ailleurs ça n'en n'est pas une... le résultat n'aurait pas été aussi positif que pour Miss France, sans vouloir flatter.

Lu ce jour, trouvé sur le Daily Ray of Hope :

The life of a nation is secure only while the nation is honest, truthful, and virtuous.

~ Frederick Douglass

La vie d'une nation n'est sécurisée que si la nation est honnête, véridique, et vertueuse.



 




La caravane passe, n'aboyez pas les toutous, chevaux impressionnables !

Attention ! La caravane passe, moi-même suis dedans avec mémé !


 Lucky ne lâche pas son cheval aussi facilement. Mais lui, le cheval, n'est toujours pas rassuré. Ces caravaniers "l'ont drôle" comme on dit, et ils ne sont pas drôles à son goût, ces drôles.
























lundi 1 février 2016

Quid du cheval de Lucky Luke ? ♥ Photo du jour ♥ Grande Synthe

Nous en sommes arrivés au moment où Lucky Luke va à la rencontre de ses hôtes, laissant son cheval à son monde animal....  la noble bête n'étant plus habituée à l'univers humain voit les membres de la caravane sous forme de chats, heureusement assez aimables, quoique.  Zébra, se garde lumineuse jusqu'à transparaître en projetant une ombre facétieuse sur les félins...  ou plutôt les caravaniers,  seul indice de son intense présence.  Tandis que Phil, rassuré, garde l'invisibilité par solidarité en dépit qu'il aimerait faire connaissance avec le cheval de Lucky Luke, lequel rumine de ce fait une solitude qui lui sied mal, le sixième sens lui faisant défaut.   Voici  ce monde animal livré à lui-même :


Bienvenue Lucky Luke !




Suivez-moi, je vais vous présenter !




Le cheval de Lucky  se voit soudain étendu sur le flanc, sous l'assaut d'un tigre. Non décidément ces caravaniers ne lui reviennent pas.







"Mari malade, notre gros Berger allemand lui tenant la main  et l'embrassant pour l'aider à se sentir mieux."
  C'est l'humanité des animaux qui est ici montrée,  l'animalité est entendue, nous le voyons bien en lisant Gaston Bachelard, comme quelque chose que l'on peut qualifier de diabolique, à l'instar d'une tempête des éléments.



 Des gens dans une grosse galère à Grande Synthe. C'est ici : https://blogs.mediapart.fr/celia-blauel/blog/290116/bienvenue-en-france
 

dimanche 31 janvier 2016

Correction du dessin ♥ Méditation

Deux coups de gomme pour corriger le dessin mis en ligne hier... je deviens perfectionniste à l'école de Morris où je me suis inscrite de mon plein gré fin décembre,  et à l'âge que j'ai. Pourquoi avoir choisi son école ? Il y a quantité d'autres dessinateurs et dessinatrices excellents, mais ma culture en BD étant assez restreinte j'ai choisi parmi ceux que je connaissais le mieux. Les dessins de Morris sont stimulants à mes yeux, sûrement parce que non esthétisants : l'allure du cheval etc. ça a un rendu très expressif. Le dessin d'hier corrigé :

Lu sur le blog Jubilate ce matin :

"Quand vous vous oubliez parce que vous êtes dans un paysage qui vous ravit, ou devant une oeuvre d'art qui vous coupe le souffle, ou devant une pensée qui vous illumine, ou devant un sourire d'enfant qui vous émeut, vous sentez bien que vous existez - et c'est même à ces moments-là que votre existence prend tout son relief - mais vous le sentez d'autant plus fort que justement l'événement vous détourne de vous-mêmes. C'est parce que vous ne vous regardez pas que vous vous voyez réellement et spirituellement, en regardant l'autre et en vous perdant en lui."
Maurice Zundel, Emerveillement et pauvreté, dans: Année de la vie consacrée, Au coeur du silence (Saint-Augustin, 201

samedi 30 janvier 2016

Les miss étant trop jolies ♥ Lucky Luke reçu avec les honneurs dus à son rang ♥ Suite de l'extrait du post précédent

Les miss étant trop jolies il faut bien que quelques-uns et z'unes se dévouent pour faire une caricature de leur minois, du coup légèrement et si gentiment dézingué (vrai, ce n'est pas si méchant)....  la Miss France de cette année prend fait et cause pour la condition des animaux, c'est juste sous le dessin de Lucky Luke,  car je suis toujours Zébra, que Phil suit également alors qu'elle court au train de Lucky Luke dans la Caravane de Morris et Goscinny.

Cliquer sur le dessin  pour l'agrandir.
http://sans-voixinfos.hautetfort.com/archive/2016/01/30/belle-initiative-5752339.html



Suite de l'extrait mis en ligne hier 29 janvier, du chapitre IV Maison et univers, p. 57 et suiv.  de Poétique de l'espace de Gaston Bachelard :

 

"Je dis ma Mère. Et c'est à vous que je pense, ô maison !

Maison des beaux étés obscurs de mon enfance.

Milosz (Mélancolie)

 

C'est une semblable image qui s'impose à la reconnaissance émue de l'habitant de La Redousse. Mais ici, l'image ne vient pas de la nostalgie d'une enfance. Elle est donnée dans son actualité de protection. Au delà aussi d'une communauté de la tendresse, il y a ici communauté de la force, concentration de deux courages, de deux résistances. Quelle image de concentration d'être que cette maison qui se "serre" contre son habitant, qui devient la cellule d'un corps avec des murs  proches. Le refuge s'est contracté. Et davantage protecteur, il est devenu extérieurement plus fort. De refuge, il est devenu redoute. La chaumière est devenue un château fort du courage pour le solitaire qui doit y apprendre à vaincre la peur. Une telle demeure est éducatrice. On lit les pages de Bosco comme un emboitement des réserves de force dans les châteaux intérieurs du courage. Dans la maison devenue par l'imagination le centre même d'un cyclone, il faut dépasser les simples impressions du réconfort qu'on éprouve dans tout abri. Il faut participer au drame cosmique soutenu par la maison qui lutte. Tout le drame de Malicroix est une épreuve de solitude. L'habitant de La Redousse doit dominer la solitude dans la maison d'une île sans village. Il doit y acquérir la dignité de solitude atteinte par un ancêtre  qu'un grand drame de la vie a rendu solitaire. Il doit être seul, seul dans un cosmos qui n'est pas celui de son enfance. Il doit, homme d'une race douce et heureuse, hausser son courage, apprendre le courage devant un cosmos rude, pauvre, froid. La maison isolée vient lui donner des images fortes, c'est-à-dire des conseils de résistance.

Ainsi, en face de l'hostilité, aux formes animales de la tempête et de l'ouragan, les valeurs de protection et de résistance de la maison sont transposées en valeurs humaines. La maison prend les énergies physiques et morales d'un corps humain. Elle bombe le dos sous l'averse, elle raidit les reins. Sous les rafales, elle plie quand il faut plier, sûre de se redresser à temps en niant toujours les défaites passagères. Une telle maison appelle l'homme à un héroïsme de cosmos. Les métaphysiques "de l'homme jeté dans le monde" pourraient méditer concrètement sur la maison jetée à travers l'ouragan, bravant la colère du ciel. Envers et contre tout, la maison nous aide à dire : je serai un habitant du monde, malgré le monde. Le problème n'est pas seulement un problème d'être, c'est un problème d'énergie et par conséquent de contre-énergie.

Dans cette communauté dynamique de l'homme et de la maison, dans cette rivalité dynamique de la maison et de l'univers, nous sommes loin de toute référence aux simples formes géométriques. La maison vécue n'est pas une boîte inerte. L'espace habité transcende l'espace géométrique."

 

 

 

 

vendredi 29 janvier 2016

L'extrait

Maison et univers, chapitre IV page 55 et suivantes, du livre intitulé Poétique de l'espace de Gaston  Bachelard :

[...]"donnons l'exemple d'une positivité d'adhésion totale au drame de la maison attaquée par la tempête.

La maison de Malicroix s'appelle La Redousse (Henri Bosco, Malicroix, P. 105 et suiv.) Elle est construite sur une île de la Camargue, non loin du fleuve mugissant. Elle est humble. Elle paraît faible. On va voir son courage.

L'écrivain prépare la tempête en de longues pages. Une météorologie poétique va aux sources d'où naîtront le mouvement et le bruit. Avec quel art l'écrivain touche d'abord l'absolu du silence, l'immensité des espaces du silence !

"Rien ne suggère comme le silence le sentiment des espaces illimités. J'entrai dans ces espaces. Les bruits colorent l'étendue et lui donnent une sorte de corps sonore. Leur absence la laisse toute pure et c'est la sensation du vaste, du profond, de l'illimité qui nous saisit dans le silence. Elle m'envahit et je fus, pendant quelques minutes, confondu à cette grandeur de la paix nocturne.
"Elle s'imposait comme un être.
"La paix avait un corps. Pris dans la nuit, fait avec de la nuit. Un corps réel, un corps immobile."

Dans ce vaste poème en prose viennent alors des pages qui ont le même progrès de rumeurs et de craintes que les stances des Djinns chez Victor Hugo. Mais ici, l'écrivain se donne le temps de montrer le resserrement de l'espace au centre duquel la maison vivra comme un cœur angoissé. Une sorte d'angoisse cosmique préside à la tempête. Puis, toutes les gorges du vent se détendent. Bientôt, tous les animaux de l'ouragan donnent de la voix. Quel bestiaire du vent on pourrait établir si on avait le loisir, non seulement dans les pages que nous invoquons, mais dans toute l'œuvre de Henri Bosco, d'analyser la dynamologie des tempêtes! L'écrivain sait d'instinct que toutes les agressions, qu'elles viennent de l'homme ou du monde, sont animales. Si subtiles que soit une agression venant de l'homme, si indirecte, si camouflée, si construite qu'elle soit, elle révèle des origines inexpiées. Un petit filament animal vit dans la plus petite des haines. Le poète psychologue —  ou le psychologue poète, s'il en existe — ne peut se tromper en marquant d'un cri animal les différents types d'agressions. Et c'est aussi une des marques terribles de l'homme que de ne comprendre intuitivement les forces de l'univers que par une psychologie du courroux.

Et la maison contre cette meute qui, peu à peu, se déchaîne devient le véritable être d'une humanité pure, l'être qui se défend sans jamais avoir la responsabilité d'attaquer. La Redousse est la Résistance de l'homme. Elle est valeur humaine, grandeur de l'homme.

Voici la page centrale de la résistance humaine de la maison au centre de la tempête (p.115)

" La maison luttait bravement. Elle se plaignit tout d'abord ; les pires souffles l'attaquèrent de tous les côtés à la fois, avec une haine distincte et de tels hurlements de rage que, par moments, je frissonnais de peur. Mais elle tint. Dès le début de la tempête des vents hargneux avaient pris le toit à partie. On essaya de l'arracher, de lui casser les reins, de le mettre en lambeaux, de l'aspirer. Mais il bomba le dos et s'accrocha à la vieille charpente. Alors d'autres vents arrivèrent et se ruant au ras du sol ils foncèrent contre les murailles. Tout fléchit sous le choc impétueux, mais la maison flexible, ayant plié, résista à la bête. Elle tenait sans doute au sol de l'île par des racines incassables, d'où ses minces parois de roseaux crépis et de planches tenaient une force surnaturelle. On eut beau insulter les volets et les portes, prononcer des menaces colossales, claironner dans la cheminée, l'être déjà humain, où j'abritais mon corps, ne céda rien à la tempête. La maison se serra contre moi, comme une louve, et par moments je sentais son odeur descendre maternellement jusque dans mon cœur. Ce fut, cette nuit-là, vraiment ma mère.

"Je n'eus qu'elle pour me garder et me soutenir. Nous étions seuls."

En parlant de la maternité de la maison dans notre livre : La terre et les rêveries du repos, nous avions cité ces deux vers immenses de Milosz où s'unissent les images de la mère et de la maison :

Je dis ma Mère. Et c'est à vous que je pense, ô maison !
Maison des beaux étés obscurs de mon enfance.
(Mélancolie.) 
C'est une semblable image qui s'impose à la reconnaissance émue de l'habitant de La Redousse. Mais ici, l'image ne vient pas de la nostalgie d'une enfance. Elle est donnée dans son actualité de protection."

Suite de cet extrait demain.

Mon commentaire : on n'est pas juste dans le symbolisme ici. Il y a quelque chose de mystique. On pense en effet aux démons ou Djinns que Bachelard englobe dans le mot animalité.