"Nous voyagerons aujourd’hui dans le nord de la France au travers de deux ouvrages qui permettent d’entrevoir la richesse du Hainaut, de la Flandre et de la Picardie en matière de superstitions, croyances, féerie… Le premier livre est un recueil de contes du très intéressant folkloriste Henry Carnoy, aussi passionné et passionnant qu’un Luzel ou un Sébillot..."
http://peuple-feerique.com/2010/06/29/fees-sorcieres-et-croyances-de-picardie-de-flandre-et-du-hainaut/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Peuplefeerique+%28Peuple+f%C3%A9erique%29
mercredi 30 juin 2010
mardi 29 juin 2010
Un poème d'Eugène Pottier
Sentier Des Bois
Comme un ruban jaune étendu
Sous ta voûte de calme et d’ombre,
Petit sentier, dans le bois sombre,
Tu vas indécis et perdu.
Cerveau malade, âme ravie,
Entre la ronce et l’églantier,
Je vais comme toi dans la vie...
Où mènes-tu, petit sentier ?
Je vais au frais sans savoir où.
Je vais garantissant ma tête
Du soleil que j’aime en poète,
Du soleil méchant qui rend fou....
Me mènes-tu dans ma vallée ?
Vais-je y trouver un oreiller,
Pour ma pauvre tête fêlée ?...
Où mènes-tu, petit sentier ?
Me mènes-tu dans la prison,
Dans la prison qu’on nomme ville ?...
Là, des cris de guerre civile
M’ont ôté mon peu de raison.
Au hasard des forces brutales,
Jouant l’avenir tout entier,
L’apôtre même y fond des balles...
Où mènes-tu, petit sentier ?
Chênes brodés et talus verts,
Muets quand passe l’égoïste,
Vous faites pour le pauvre artiste
Pousser les dessins et les vers.
Verve ou douleur, mon front s’allume !
Me mènes-tu dans l’atelier
Où sont mes fusains et ma plume ?
Où mènes-tu, petit sentier ?
Sous des touffes pleines de voix,
Comme des lèvres sous des voiles,
Plus nombreuses que les étoiles,
Ont rougi les fraises des bois.
Un jour de sauvage ambroisie,
Puis demain... plus rien au fraisier,
Ainsi s’en va ma poésie !...
Où mènes-tu, petit sentier ?
Fontainebleau, août 1867.
Le poème lu sur fond musical : http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/pottier-eugene-sentier-des-bois.html
Comme un ruban jaune étendu
Sous ta voûte de calme et d’ombre,
Petit sentier, dans le bois sombre,
Tu vas indécis et perdu.
Cerveau malade, âme ravie,
Entre la ronce et l’églantier,
Je vais comme toi dans la vie...
Où mènes-tu, petit sentier ?
Je vais au frais sans savoir où.
Je vais garantissant ma tête
Du soleil que j’aime en poète,
Du soleil méchant qui rend fou....
Me mènes-tu dans ma vallée ?
Vais-je y trouver un oreiller,
Pour ma pauvre tête fêlée ?...
Où mènes-tu, petit sentier ?
Me mènes-tu dans la prison,
Dans la prison qu’on nomme ville ?...
Là, des cris de guerre civile
M’ont ôté mon peu de raison.
Au hasard des forces brutales,
Jouant l’avenir tout entier,
L’apôtre même y fond des balles...
Où mènes-tu, petit sentier ?
Chênes brodés et talus verts,
Muets quand passe l’égoïste,
Vous faites pour le pauvre artiste
Pousser les dessins et les vers.
Verve ou douleur, mon front s’allume !
Me mènes-tu dans l’atelier
Où sont mes fusains et ma plume ?
Où mènes-tu, petit sentier ?
Sous des touffes pleines de voix,
Comme des lèvres sous des voiles,
Plus nombreuses que les étoiles,
Ont rougi les fraises des bois.
Un jour de sauvage ambroisie,
Puis demain... plus rien au fraisier,
Ainsi s’en va ma poésie !...
Où mènes-tu, petit sentier ?
Fontainebleau, août 1867.
Le poème lu sur fond musical : http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/pottier-eugene-sentier-des-bois.html
par Nora Benkorich - Hitler, les Arabes et les Juifs
Un extrait et le lien :
"Panislamisme réactionnaire, nationalisme et collaboration
Achcar démontre que le courant du « panislamisme intégriste », dans lequel est classé le mufti, s’est montré le plus complaisant vis-à-vis du nazisme, en dépit des incompatibilités idéologiques inhérentes à son essence néo-païenne – le culte d’Hitler, élevé au rang de quasi-Dieu, était en effet difficilement compatible avec le principe islamique d’unicité divine. Enclins à percevoir le monde comme animé par le prisme religieux des premiers siècles de l’islam, les panislamistes réactionnaires ont rapidement appréhendé le conflit palestinien en termes de guerre de religions opposant les Musulmans – et leurs alliés – aux Juifs.
Chez les nationalistes arabes, explique Achcar, l’Allemagne nazie, perçue comme ennemie de la Grande-Bretagne, a suscité des sympathies d’intensités variables, en particulier dans les pays sous domination britannique – en Egypte, en Irak et surtout en Palestine, où l’antisémitisme était conçu par les plus frustes comme un rempart contre le sionisme.
Le Parti syrien nationaliste arabe, fondé par le germanophile et admirateur d’Hitler Antoun Saadeh, a sans doute été le plus proche du modèle nazi – le drapeau de son parti était d’ailleurs calqué sur le drapeau nazi, avec les couleurs rouges et noires inversées et une hélice à quatre pales à la place de la croix gammée. Achcar affirme que la conscience réactionnaire de Saadeh a atteint des sommets totalitaires inégalés au Moyen-Orient (p. 128-129). Mais, malgré ses excès de zèle, il n’est parvenu à susciter d’intérêt ni chez les masses arabes, ni auprès des autorités allemandes – qui rejetèrent ses requêtes de soutien, ce qui le conduira à nier par la suite toute proximité avec le nazisme.
En Égypte, Achcar montre que l’organisation Misr al-Fatât (Jeune Égypte), inspirée par la vague montante du fascisme européen, n’a guère été prise au sérieux par le régime nazi avec lequel elle entretint des rapports en « dents de scie » – ce qui ne l’empêcha pas de verser dans l’antisémitisme, en paroles mais aussi en actes [5].
Les ultranationalistes irakiens, qui au départ assimilaient le nazisme à une forme de colonialisme, ont pris un tournant pronazi au printemps 1941, après le renversement du putschiste Gaylânî par l’armée britannique. Le pogrom Farhûd de juin 1941, fomenté par les putschistes déchus décidés à faire des Juifs les boucs émissaires de leur frustration, en fut la triste illustration. Toutefois, Achcar précise qu’au cours de cet événement, la violence antijuive, perpétrée par une petite minorité, fut réprouvée par la population et que les émeutiers furent rapidement dispersés par les tirs de l’armée irakienne. Notons avec l’auteur que ces cas étaient marginaux : la plupart des nationalistes arabes qui se sont rapprochés de Berlin l’ont fait moins par connivence idéologique avec le nazisme que par haine du colonisateur britannique et par volonté de libérer la nation arabe de son joug.
Si la collaboration avec l’Allemagne nazie de ces mouvements panislamistes intégristes ou nationalistes est un fait établi, elle fut loin de rencontrer l’assentiment général. La majorité des indépendantistes libéraux, des nationalistes « progressistes » et l’ensemble des marxistes rejetaient le nazisme comme négation de leurs valeurs, explique Achcar. Ils voyaient en Hitler « le plus grand ennemi de l’humanité » [p. 81] et considéraient la Grande-Bretagne comme un moindre mal.
Indépendantistes occidentaux, marxistes et rejet du nazisme
Imprégnés du système de valeurs culturelles « modernistes » issues des Lumières, les « occidentalistes libéraux » se sont dès le départ opposés à la fois au nazisme par humanisme et au sionisme par anticolonialisme. Ils condamnaient fermement l’antisémitisme, cette « pensée arriérée et sauvage qui consiste à persécuter, au nom de la race, les divers éléments qui composent la nation entière [6] ». Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils représentaient le courant de pensée le plus influent, y compris en Palestine – malgré le succès de l’aile radicale du mouvement national dirigée par Amin al-Husseini. Ce fut cette voix qui fut portée au cours de la réunion sur la question de la Palestine du 7 octobre 1944 à Alexandrie, présidée par les chefs des gouvernements de Égypte, de l’Irak, de la Jordanie, du Liban et de la Syrie, comme en témoigne la résolution spéciale prononcée à son terme : « nul ne regrette plus que [le comité] les malheurs infligés aux Juifs d’Europe par les États dictatoriaux européens. Mais la question de ces Juifs ne doit pas être confondue avec le sionisme, car il n’y a pas de plus grande injustice que de résoudre le problème des Juifs d’Europe au moyen d’une autre injustice, c’est-à-dire en infligeant une injustice aux Arabes de Palestine » [p. 83].
Pour ce qui est des marxistes arabes, Achcar explique qu’ils ont adopté cette même attitude de rejet à la fois du sionisme et du nazisme, qu’ils percevaient comme les « deux faces d’une même médaille » et renvoyaient « dos à dos » [p. 89]. Engagés dans un combat cabré contre le nazisme dès l’avènement du Troisième Reich, leurs activités furent freinées entre août 1939 et juin 1941 par le pacte Ribbentrop-Molotov, considéré par certains comme une grave erreur et ouvertement critiqué. Ainsi, le palestinien Najâti Sidqi, délégué de l’Internationale syndicale rouge à Moscou, fut exclu par des « camarades » en 1940 pour avoir publié une série d’articles sur l’incompatibilité du nazisme et de l’islam. En termes de classes, ce courant percevait le sionisme comme une tentative des « capitalistes juifs » de détourner les « ouvriers juifs » des objectifs de la révolution. Par ailleurs, il dénonça avec ferveur la « connivence entre sionistes et nazis » sur la question palestinienne. Ainsi, dans un discours prononcé en 1943, le secrétaire général du Parti communiste Ridwân al-Hilû affirmait que « le sionisme considère la terreur antijuive comme bienvenue et […] entrave tout projet susceptible d’orienter l’émigration vers un autre pays que la Palestine, comme ce fut le cas lors de la conférence d’Evian [7] […] lorsque […] l’Agence juive s’opposa à tout projet susceptible de dévier l’émigration des Juifs de la Palestine, préférant qu’ils restent en Allemagne sous la torture, la terreur et la privation plutôt que de les transporter ailleurs [8] ».
On peut retenir avec Achcar, pour jauger l’ampleur du mouvement réfractaire au nazisme dans le monde arabe, qu’il y eut globalement plus d’Arabes dans les armées alliées ou dans les camps de concentration nazis que de volontaires engagés aux côtés de l’Axe.
Après la Shoah
La Nakba, l’expulsion des Palestiniens consécutive à la création de l’État d’Israël, a porté un coup fatal aux occidentalistes libéraux et aux marxistes, accusés d’avoir soutenu des gouvernements favorables au sionisme – au cours de la guerre de 1948, Staline a fourni la Haganah, bras armé de l’exécutif sioniste, en armes. Le panislamisme intégriste a été discrédité par la défaite du mufti et par le soutien inconditionnel des Saoudiens aux britanniques. Seule la mouvance nationaliste est sortie renforcée par cette épreuve, du moins jusqu’à la défaite arabe de 1967, avant de céder devant la montée ombrageuse de l’islamisme, illustrée par la révolution iranienne de 1979.
À compter de cette période, deux paradigmes idéologiques symétriques, l’un d’essence néo-sioniste – prééminent chez les intellectuels israéliens – et l’autre inspiré de l’islamisme radical – que l’on retrouve en Iran –, se sont progressivement imposés. Enfermés dans une vision narcissique du passé, du présent, et de l’avenir, les porte-parole de ces deux modèles se sont livrés – et se livrent encore – à une surenchère déplorable dans la négation de la souffrance de l’autre et dans l’exacerbation de sa propre souffrance – Nakba contre Shoah.
Les termes de l’équation sont tragiques. Cette posture de repli sur soi, d’incapacité à faire preuve d’empathie et cette tendance à essentialiser l’autre en postulant l’immuabilité de son être, est la désastreuse marque de notre époque actuelle sur la question du conflit israélo-palestinien – en dehors de quelques esprits qui tentent d’y échapper. On comprend combien le recours sélectif, voire manipulateur, au passé ne fait que conforter cette situation. Au lieu d’une navrante surenchère de victimisation, il faudrait arriver à une nécessaire compréhension de la souffrance de l’autre, étape indispensable pour parvenir à une vraie réconciliation. Dans ce contexte, on ne peut que saluer l’exemplarité de l’ouvrage de Gilbert Achcar, qui œuvre dans ce sens."
http://www.laviedesidees.fr/Hitler-les-Arabes-et-les-Juifs.html
"Panislamisme réactionnaire, nationalisme et collaboration
Achcar démontre que le courant du « panislamisme intégriste », dans lequel est classé le mufti, s’est montré le plus complaisant vis-à-vis du nazisme, en dépit des incompatibilités idéologiques inhérentes à son essence néo-païenne – le culte d’Hitler, élevé au rang de quasi-Dieu, était en effet difficilement compatible avec le principe islamique d’unicité divine. Enclins à percevoir le monde comme animé par le prisme religieux des premiers siècles de l’islam, les panislamistes réactionnaires ont rapidement appréhendé le conflit palestinien en termes de guerre de religions opposant les Musulmans – et leurs alliés – aux Juifs.
Chez les nationalistes arabes, explique Achcar, l’Allemagne nazie, perçue comme ennemie de la Grande-Bretagne, a suscité des sympathies d’intensités variables, en particulier dans les pays sous domination britannique – en Egypte, en Irak et surtout en Palestine, où l’antisémitisme était conçu par les plus frustes comme un rempart contre le sionisme.
Le Parti syrien nationaliste arabe, fondé par le germanophile et admirateur d’Hitler Antoun Saadeh, a sans doute été le plus proche du modèle nazi – le drapeau de son parti était d’ailleurs calqué sur le drapeau nazi, avec les couleurs rouges et noires inversées et une hélice à quatre pales à la place de la croix gammée. Achcar affirme que la conscience réactionnaire de Saadeh a atteint des sommets totalitaires inégalés au Moyen-Orient (p. 128-129). Mais, malgré ses excès de zèle, il n’est parvenu à susciter d’intérêt ni chez les masses arabes, ni auprès des autorités allemandes – qui rejetèrent ses requêtes de soutien, ce qui le conduira à nier par la suite toute proximité avec le nazisme.
En Égypte, Achcar montre que l’organisation Misr al-Fatât (Jeune Égypte), inspirée par la vague montante du fascisme européen, n’a guère été prise au sérieux par le régime nazi avec lequel elle entretint des rapports en « dents de scie » – ce qui ne l’empêcha pas de verser dans l’antisémitisme, en paroles mais aussi en actes [5].
Les ultranationalistes irakiens, qui au départ assimilaient le nazisme à une forme de colonialisme, ont pris un tournant pronazi au printemps 1941, après le renversement du putschiste Gaylânî par l’armée britannique. Le pogrom Farhûd de juin 1941, fomenté par les putschistes déchus décidés à faire des Juifs les boucs émissaires de leur frustration, en fut la triste illustration. Toutefois, Achcar précise qu’au cours de cet événement, la violence antijuive, perpétrée par une petite minorité, fut réprouvée par la population et que les émeutiers furent rapidement dispersés par les tirs de l’armée irakienne. Notons avec l’auteur que ces cas étaient marginaux : la plupart des nationalistes arabes qui se sont rapprochés de Berlin l’ont fait moins par connivence idéologique avec le nazisme que par haine du colonisateur britannique et par volonté de libérer la nation arabe de son joug.
Si la collaboration avec l’Allemagne nazie de ces mouvements panislamistes intégristes ou nationalistes est un fait établi, elle fut loin de rencontrer l’assentiment général. La majorité des indépendantistes libéraux, des nationalistes « progressistes » et l’ensemble des marxistes rejetaient le nazisme comme négation de leurs valeurs, explique Achcar. Ils voyaient en Hitler « le plus grand ennemi de l’humanité » [p. 81] et considéraient la Grande-Bretagne comme un moindre mal.
Indépendantistes occidentaux, marxistes et rejet du nazisme
Imprégnés du système de valeurs culturelles « modernistes » issues des Lumières, les « occidentalistes libéraux » se sont dès le départ opposés à la fois au nazisme par humanisme et au sionisme par anticolonialisme. Ils condamnaient fermement l’antisémitisme, cette « pensée arriérée et sauvage qui consiste à persécuter, au nom de la race, les divers éléments qui composent la nation entière [6] ». Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils représentaient le courant de pensée le plus influent, y compris en Palestine – malgré le succès de l’aile radicale du mouvement national dirigée par Amin al-Husseini. Ce fut cette voix qui fut portée au cours de la réunion sur la question de la Palestine du 7 octobre 1944 à Alexandrie, présidée par les chefs des gouvernements de Égypte, de l’Irak, de la Jordanie, du Liban et de la Syrie, comme en témoigne la résolution spéciale prononcée à son terme : « nul ne regrette plus que [le comité] les malheurs infligés aux Juifs d’Europe par les États dictatoriaux européens. Mais la question de ces Juifs ne doit pas être confondue avec le sionisme, car il n’y a pas de plus grande injustice que de résoudre le problème des Juifs d’Europe au moyen d’une autre injustice, c’est-à-dire en infligeant une injustice aux Arabes de Palestine » [p. 83].
Pour ce qui est des marxistes arabes, Achcar explique qu’ils ont adopté cette même attitude de rejet à la fois du sionisme et du nazisme, qu’ils percevaient comme les « deux faces d’une même médaille » et renvoyaient « dos à dos » [p. 89]. Engagés dans un combat cabré contre le nazisme dès l’avènement du Troisième Reich, leurs activités furent freinées entre août 1939 et juin 1941 par le pacte Ribbentrop-Molotov, considéré par certains comme une grave erreur et ouvertement critiqué. Ainsi, le palestinien Najâti Sidqi, délégué de l’Internationale syndicale rouge à Moscou, fut exclu par des « camarades » en 1940 pour avoir publié une série d’articles sur l’incompatibilité du nazisme et de l’islam. En termes de classes, ce courant percevait le sionisme comme une tentative des « capitalistes juifs » de détourner les « ouvriers juifs » des objectifs de la révolution. Par ailleurs, il dénonça avec ferveur la « connivence entre sionistes et nazis » sur la question palestinienne. Ainsi, dans un discours prononcé en 1943, le secrétaire général du Parti communiste Ridwân al-Hilû affirmait que « le sionisme considère la terreur antijuive comme bienvenue et […] entrave tout projet susceptible d’orienter l’émigration vers un autre pays que la Palestine, comme ce fut le cas lors de la conférence d’Evian [7] […] lorsque […] l’Agence juive s’opposa à tout projet susceptible de dévier l’émigration des Juifs de la Palestine, préférant qu’ils restent en Allemagne sous la torture, la terreur et la privation plutôt que de les transporter ailleurs [8] ».
On peut retenir avec Achcar, pour jauger l’ampleur du mouvement réfractaire au nazisme dans le monde arabe, qu’il y eut globalement plus d’Arabes dans les armées alliées ou dans les camps de concentration nazis que de volontaires engagés aux côtés de l’Axe.
Après la Shoah
La Nakba, l’expulsion des Palestiniens consécutive à la création de l’État d’Israël, a porté un coup fatal aux occidentalistes libéraux et aux marxistes, accusés d’avoir soutenu des gouvernements favorables au sionisme – au cours de la guerre de 1948, Staline a fourni la Haganah, bras armé de l’exécutif sioniste, en armes. Le panislamisme intégriste a été discrédité par la défaite du mufti et par le soutien inconditionnel des Saoudiens aux britanniques. Seule la mouvance nationaliste est sortie renforcée par cette épreuve, du moins jusqu’à la défaite arabe de 1967, avant de céder devant la montée ombrageuse de l’islamisme, illustrée par la révolution iranienne de 1979.
À compter de cette période, deux paradigmes idéologiques symétriques, l’un d’essence néo-sioniste – prééminent chez les intellectuels israéliens – et l’autre inspiré de l’islamisme radical – que l’on retrouve en Iran –, se sont progressivement imposés. Enfermés dans une vision narcissique du passé, du présent, et de l’avenir, les porte-parole de ces deux modèles se sont livrés – et se livrent encore – à une surenchère déplorable dans la négation de la souffrance de l’autre et dans l’exacerbation de sa propre souffrance – Nakba contre Shoah.
Les termes de l’équation sont tragiques. Cette posture de repli sur soi, d’incapacité à faire preuve d’empathie et cette tendance à essentialiser l’autre en postulant l’immuabilité de son être, est la désastreuse marque de notre époque actuelle sur la question du conflit israélo-palestinien – en dehors de quelques esprits qui tentent d’y échapper. On comprend combien le recours sélectif, voire manipulateur, au passé ne fait que conforter cette situation. Au lieu d’une navrante surenchère de victimisation, il faudrait arriver à une nécessaire compréhension de la souffrance de l’autre, étape indispensable pour parvenir à une vraie réconciliation. Dans ce contexte, on ne peut que saluer l’exemplarité de l’ouvrage de Gilbert Achcar, qui œuvre dans ce sens."
http://www.laviedesidees.fr/Hitler-les-Arabes-et-les-Juifs.html
lundi 28 juin 2010
Azincourt
Hier dimanche je suis allée à Azincourt. Il s'y tenait un salon du livre ce jour-là et le petit musée non loin de là, est resté ouvert toute la journée. J'ai pu prendre une petite leçon d'histoire. J'avais en effet oublié je l'avoue, ce qui concernait la bataille d'Azincourt, mettons ça sur le dos des tracas du quotidien. Une fois sur les lieux, l'envie de me rattrapper s'est tout de suite fait sentir, en sus de ma visite au musée, j'ai acheté une brochure qui rappelle, pas trop succinctement, la chronologie des événements sans oublier, bien entendu, de mentionner les origines du conflit et l'élément déclencheur de la bataille entre Anglais et Français, qui déboucha sur un carnage. L'auteur de cette brochure est Claude Delcusse, Directeur du Centre Historique Médiéval d'Azincourt. Brochure dont je compte vous donner quelques extraits : sa couverture et la carte, où l'on s'aperçoit, (à moins d'une erreur de frappe ?), que les Anglais diraient Agincourt au lieu de Azincourt ?

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samedi 26 juin 2010
Lu cet après-midi : Le réseau Flandres de Philippe Declerck

Le réseau Flandres, polar de Philippe Declerck, s’attaque au sujet difficile de la pédophilie par le biais d’une fiction qui peut laisser pantois par moments. J’ai lu le polar presque d’une traite. Un auteur qui a quelque chose à dire et manie bien la langue, en vrai littéraire. Pour en savoir plus, je vous donne le lien de son blog :
http://philippe-declerck.over-blog.com/
vendredi 25 juin 2010
Betty un film de Claude Chabrol
Betty n’a pas beaucoup de repères pour affronter la vie. Durant son enfance, elle a peut-être envié Marie, la bonne de la famille autour de laquelle tournent les hommes ; elle l’a plusieurs fois surprise dans des ébats à teneur fortement érotique. Jamais dans une quelconque discussion : Marie incarnait la soumission, la dévotion à l’homme. Est-ce qu’à partir de là, on peut se mettre à divaguer profondément ? Peut-être bien. En tout cas ça dérape plus tard pour Betty vers un besoin irrépressible d’amants et d’alcool, d’hommes qui infligent des blessures comme pour Marie car les enfants perçoivent l’acte sexuel comme une violence envers la femme assure-t-elle lors de ses confidences à Laure, une infirmière qui l’a recueillie, également alcoolique.
Il y avait eu le bannissement, la condamnation de la famille du mari, mais l’histoire se met à peser d’autant plus que Betty continue de jouer les femmes "écervelées" en dépit du dévouement de Laure. Laure, une infirmière peut-être plus éprouvée qu’elle encore par la vie car beaucoup plus seule. C’est pour elle qu’est allée peu à peu ma sympathie parce que Betty ruse quand l‘autre garde beaucoup de fraîcheur d‘âme. Stéphane Audran, toujours belle, incarne à merveille cette infirmière à l’écoute malgré ses propres épreuves. Marie Trintignant restitue bien la Betty de Simenon, très jolie et très perdue à la fois. Notre héroïne a dans le collimateur, même à bout de forces, l’amant de Laure. Elle les a entendus et même vus lors de leurs retrouvailles quand l’infirmière la croyait endormie. C’est lourd comme le passé et ça fait déraper : elle ne saisit pas la chance de faire de cette femme généreuse son amie véritable et lui pique son amant comme par manie. Les films de Claude Chabrol font toujours beaucoup cogiter. Betty est une adaptation très réussie d’un roman de Simenon.
Il y avait eu le bannissement, la condamnation de la famille du mari, mais l’histoire se met à peser d’autant plus que Betty continue de jouer les femmes "écervelées" en dépit du dévouement de Laure. Laure, une infirmière peut-être plus éprouvée qu’elle encore par la vie car beaucoup plus seule. C’est pour elle qu’est allée peu à peu ma sympathie parce que Betty ruse quand l‘autre garde beaucoup de fraîcheur d‘âme. Stéphane Audran, toujours belle, incarne à merveille cette infirmière à l’écoute malgré ses propres épreuves. Marie Trintignant restitue bien la Betty de Simenon, très jolie et très perdue à la fois. Notre héroïne a dans le collimateur, même à bout de forces, l’amant de Laure. Elle les a entendus et même vus lors de leurs retrouvailles quand l’infirmière la croyait endormie. C’est lourd comme le passé et ça fait déraper : elle ne saisit pas la chance de faire de cette femme généreuse son amie véritable et lui pique son amant comme par manie. Les films de Claude Chabrol font toujours beaucoup cogiter. Betty est une adaptation très réussie d’un roman de Simenon.
jeudi 24 juin 2010
la note du jour
Je me promène dans un grand parc arboré où sont disposés des bâtiments assez bas, pas plus de un étage ou deux, aux briques rouges où s’encastrent de larges fenêtres dont les châssis marron tranchent avec les stores d’intérieur à bandes horizontales blanches. Je peux distinguer des silhouettes d’étudiants tranquilles, certains prennent des notes, d’autres, distraits par cette belle journée ensoleillée tournent souvent la tête vers les stores ; les bandes métalliques et souples s’arrondissent légèrement sous l’effet de la pesanteur laissant filtrer la lumière ; les grands arbres lancent des ombres légères et rafraîchissantes, il fait décidément bon étudier ici.
Réminiscence d’un lieu aimant, compréhensif, qui vous accueille à la porte du rêve et s’insinue comme un parfum. Pas de madeleine de Proust pourtant, pas de nostalgie. Allez savoir où nous avons laissé un peu de nous même, en quel endroit qui nous revient à l’improviste, fidèle et un peu mystérieux.
Réminiscence d’un lieu aimant, compréhensif, qui vous accueille à la porte du rêve et s’insinue comme un parfum. Pas de madeleine de Proust pourtant, pas de nostalgie. Allez savoir où nous avons laissé un peu de nous même, en quel endroit qui nous revient à l’improviste, fidèle et un peu mystérieux.
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