dimanche 11 janvier 2015

bizutage ?

bizutage,  c'est assez Rabelaisien le bizutage, et j'ai l'idée que Rabelais serait assez universel ; les arrivés aiment bien bizuter les arrivants. Il y a les arrivants timides,  hésitant à rester parmi l'assemblée, "à venir au monde", ceux-là se font repérer et risquent un bizutage qui selon les participants bizuteurs, si peu qu'il y en ait un d'un peu sadique, risque de tourner mal, de devenir traumatisant pour le candidat postulant pour son insertion dans le monde, vu comme trop timoré donc à briffer d'urgence et de façon plus décisive selon l'avis des bizuteurs ; il y a aussi les arrivants enthousiastes, eux se prêtent volontiers à leur bizutage qui du coup sera plus modéré. Un peu comme un chevalier qui se fait adouber. Reste qu'il y a des bizutages qui ratent dramatiquement. Les jeunes gens de Charlie Hebdo, je parle des agresseurs, c'est un peu comme s'ils avaient personnellement subi un bizu qui les avaient traumatisés ;  en s'en prenant au prophète, les caricaturistes avaient  touché la zone la plus intime de ces jeunes. 
 
Je ne sais pas si avec Charlie Hebdo on était en constant climat de bizu... car je n'ai lu que deux fois le journal, les deux fois je lui ai trouvé un humour bidasse et n'ai pas récidivé. Par exemple je ne connais pas le travail de Wolinsky, dont j'ai vu des dessins sans doute dans des journaux mais sans y prêter attention,  je ne lis pas régulièrement les journaux papier non plus. Par contre en raison du drame,   ils ont montré de lui quelques dessins  de femmes nues poursuivies par les ardeurs sexuelles d'un bon vivant. Le sexe à ciel ouvert selon Wolinsky perd ce qui pourrait tourner au frelaté. J'ai trouvé les dessins expressifs et d'une énergie légère comme l'humeur légère. Wolinsky l'homme je l'ai vu du même  coup  à travers, hélas, la nécro, dans des reportages où il côtoyait  d'autres dessinateurs. Je lui ai trouvé un regard timide, manifestement pas méchant le bonhomme Wolinsky. Je n'aimais pas Cavanna, celui qui l'avait pris sous son aile, Cavanna, décédé depuis longtemps ;  en raison de  sa façon de traiter les gens atteints de certains handicaps je trouvais le bonhomme fasciste. Des gens qui se fréquentaient pour affirmer des choses dans un contexte politique, mais qui à la base semblaient de caractère très différents, voire incompatibles. Je n'aimais pas l'intolérance de Cavanna, du coup je n'ai aucune idée de comment il dessinait, le mieux pour moi dans ces cas-là étant de me détourner de l'individu dans ce qu'il produit.
 
J'ai lu quelque part que tous les humoristes s'en prenaient plein la gueule, il faut dire que certains d'entre eux revendiquent d'en mettre plein la gueule aussi à ceux qu'ils visent et qui parfois sont des "sans voix", ce qui n'est pas très loyal ; je ne crois pas à la violence pour ma part. Charlie Hebdo qui selon moi n'était pas un bon journal malgré la présence de certains dessinateurs pas méchants était sur le point de s'éteindre tout seul, et à cause de jeunes qui clashent dramatiquement, pour eux et leurs victimes, voilà un mauvais journal selon moi, qui va se prolonger et participer à ce que des arbres se fassent abattre en masse.   Le rire,  s'il est le propre de l'homme n'a pas toutes les réponses. Le rire par ailleurs est-il vraiment le propre de l'homme ? J'ai vu pour ma part des animaux rire, des animaux avec qui j'ai de bonnes relations et qui rient toujours sans méchanceté quant à eux, même quand ils se moquent. Mais bon, faisons silence. Respect pour tous les morts de cette tragédie. Car je reconnais que c'est une tragédie traumatisante ; je pense  à  ces trois jeunes, victimes selon moi avant d'être bourreaux, et à leurs victimes, que les tueurs vivaient comme des bourreaux qu'ils subissaient de longue date. Tragédie complète.

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