mercredi 11 février 2015

Dernières lectures

La dernière lecture que j'ai faite est celle de mon propre billet, posté juste avant celui-ci, à propos du regard que porte Féval sur son  Lecoq  et son chef de la pègre le colonel Bozzo. Je voulais juste ajouter que lorsque je parle de "marquise légitime et légitimiste" cela ne signifie pas une marquise que son papa aurait reconnue en tant que sa fifille (comme d'autres ne le font pas, faute de le pouvoir, de savoir ou encore de trouver cela opportun au vu de je ne sais quelle situation),  mon propos s'insère dans le contexte des histoires de Féval et de l'Histoire, la grande. Dans les histoires de Féval en effet nous trouvons des personnages de femmes briguant des titres de noblesse à moins qu'on ne les brigue pour elles. Cela dit, que de choses cruelles trouvons-nous dans la littérature de Féval, la femme par exemple si elle n'est pas exceptionnellement belle ou au goût de l'auteur peut passer à la moulinette d'une écriture qui va la réduire à une offensante caricature, alors que celles qu'il agrée sont mises sur piédestal, on ne peut mieux dire, puisque le piédestal est le socle soutenant une statue, Féval les figeant dans leur beauté et/ou ce qu'il  décrète en être. Tant pis pour les autres ! il vaut mieux qu'elles ne se trouvassent point sur son chemin. C'est con, non ? Imaginez une femme si exigeante en matière de beauté masculine que des hommes craindraient la stigmatisation grave en se présentant  devant elle. Pourtant c'est courant côté masculin, cette exigence à des canons stricts de beauté concernant la femme. D'où les traumas des femmes : peur de vieillir, peur de prendre un peu d'épaisseur, panique du corps etc. Féval est lui-même, il ne triche pas, il se présente avec ses défauts de phallocrate, mais à part cela il est une mine de renseignements, et même d'enseignements, fussent-ils  à rebours parfois.
 
Autre lecture : le texte d'Englistown sur l'émigration. Le monde se rétrécit ! Les Etats-Unis se disent toujours prêts à suivre leur  philanthropique philosophie, l'Amérique invite pourtant toujours le monde à lui donner "ses pauvres, ses fatigués, et ses faibles qui désirent respirer librement" mais faute de pouvoir concrétiser cette promesse les État-Unis donnent le change avec une politique étrange sous forme de programme appelé  "Diversity Visa Lottery",  proposé aux pays ayant un taux historiquement bas d'immigration aux Etats-Unis.  En gros il faut avoir de la chance, ne pas rechigner à faire beaucoup de paperasserie, être parrainé par un patron, avoir de la famille là-bas si possible, quoique,  les infirmiers et infirmières seraient les bienvenus, auraient plus de chances qu'un ingénieur ou enseignant à l'obtention de la fameuse carte verte, car la population étant vieillissante en Amérique, on a plus besoin d'infirmiers que d'autres qui sont légion là-bas (NP : pays de matheux, rempli à ras bord d'ingénieurs de toutes sortes, en veux-tu Ubu, en voilà  !)
 Ma traduction du début du texte d'Englishtown :

 "Ici, aux falaises, aux portes du coucher de soleil se tiendra une femme puissante munie d'une torche dont la flamme est une lumière emprisonnée  et le nom Mère des Exilés. De sa main en guise de phare  brille un souhait de bienvenue de dimension internationale. Ces mots apparaissent à la base de la statue de la Liberté et, au fil des ans, ont accueilli d'innombrables immigrés sur les côtes de l'Amérique. Cependant, de nos jours, les États-Unis d'Amérique sont à peu près le continent où il est le plus difficile de devenir un résident permanent. En ce sens, ses lois sur l'immigration sont similaires à celles de la plupart des autres pays, en ce que la question n'est pas en quoi le pays peut-il faire quelque chose pour vous, mais est, en quoi vous pouvez faire quelque chose pour lui."


  Sans commentaire. Et puis si ! Formule passe-partout pour noyer le poisson et qui induit un rapport de domination des uns, les travailleurs, sur les autres, potentiellement juste vus comme oisifs et/ou inutiles. Cependant, à bien y réfléchir,  Bush n'aurait-il pas mieux fait d'aller à la pèche ?  exemple parmi d'autres. Cela dit, le début du texte est bien poétique,  par ironie je crois, car derrière les mots doux et mensongers imputés à la statue de la Liberté, symbole de l'Amérique,  brandissant énergiquement sa lampe torche, se cache la vérité d'une administration prussienne. Le monde s'est rétréci sous l'effet des guerres à répétition et est devenu utilitaire du coup... et autoritaire "vous les "bons à rien", restez chez vous, ici c'est chez nous."
  Je souhaite bon voyage aux candidats reçus, possédant la carte verte tant rêvée, désirée, à vous l'Amérique !    Un brin amère,  j'ajouterai les mots que la brunette adressa à  Charlie Brown qui part en France  :  "don't come back !"



 

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